La mention n’attend pas le nombre des années

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Le monde scolaire valorise la précocité, c’est même peut-être un des autres noms de la classe sociale. Certains élèves “sautent”, tôt dans leur scolarité, une ou deux classes. Ce ne sont pas n’importe quels élèves, comme le montre Wilfried Lignier dans sa thèse, La petite noblesse de l’intelligence.
Sélectionnés dès l’enfance, ces élèves “en avance” (en avance sur leur classe d’âge) qui arrivent “en avance” au bac sont particulièrement adaptés aux épreuves.
Comme le montre le graphique suivant, ils obtiennent au minimum deux fois plus fréquemment la mention “Très bien” que celles et ceux qui sont “à l’heure” au bac, et 15 fois plus que celles et ceux qui ont un an de “retard”. [les données portent sur plus de 338000 élèves ayant obtenu 8 ou plus au bac en 2013]
mois-naissance
Graphique au format PDF, plus lisible

Il est intéressant de remarquer que la précocité se perçoit aussi mois après mois : celles et ceux qui sont nés en janvier 1995 et qui passent le bac en 2013 obtiennent moins de mention Très bien que ceux qui sont nés en décembre 1995. C’est probablement que les parents des enfants nés en janvier 1995 et qui souhaitaient maximiser le rendement de l’institution scolaire ont réussi à faire “sauter” un mois à leurs enfants, intégrés à la classe “1994″, et donc rendu précoces. La capacité des parents à imposer ces sauts diminue avec le nombre des mois : possible pour les “février”, difficile pour les “mai”, impossible, ou presque, pour les “décembre”.
Natura saltum non facit… mais le monde social institue des sauts.